Actualités régionales et nationales

STRASBOURG | Un nouveau séisme, un chantier à l'arrêt et beaucoup de questions

14 novembre 2019 à 13h19 Par Pierre Maurer
Un site de géothermie à Brühl en Allemagne (photo d'illustration)
Crédit photo : AnRo0002 / Wikimedia Commons / CC0

La terre à de nouveau tremblé ce mercredi soir à Strasbourg. Un séisme d'intensité moindre (2.6) que celui de la veille (3.0) a été ressenti par des habitants. Le forage de Reichstett, exploité par l'entreprise Fonroche, restera à l'arrêt jusqu'à nouvel ordre ont fait savoir la Préfecture et le Président de l'Eurométropole.

Et de 2 ! Un second séisme a été ressenti dans la soirée du mercredi 13 novembre à Strasbourg et dans ses environs. Cette nouvelle secousse, détectée par les instruments de mesure du ReNaSS à 23h42, a été assimilée à un événement de magnitude 2,6. L’épicentre de cette dernière et de celle ressentie mardi (intensité 3,0) avaient la même origine : le secteur de Schiltigheim et de la Robertsau.


  L’analyse des causes se poursuit

Pour ces deux événements, les scientifiques évoquent une origine "induite" de la secousse, c'est-à-dire qu'elle pourrait être liée à une forme d'activité humaine. "Les premières informations émettaient l’hypothèse d’un lien avec les activités de géothermie menées sur l’écoparc rhénan de Vendenheim-Reichstett. La société Fonroche y est en effet autorisée à forer deux puits géothermiques profonds" rapporte la Préfecture du Bas-Rhin dans un communiqué publié en début d'après-midi ce jeudi.

Ce qui est établi, selon le communiqué, c'est que le processus industriel prévoit qu'après la réalisation d’un forage, "des opérations de tests d’injection destinées à vérifier le bon fonctionnement de la boucle géothermale peuvent provoquer de la micro sismicité. De telles opérations ont été menées par la société Fonroche au cours du mois d’octobre et se sont achevées, selon le programme de l’exploitant, le vendredi 8 novembre dernier."

Ce 13 novembre, au lendemain de la première secousse, "une première réunion entre les opérateurs de géothermie (la société Fonroche et électricité de Strasbourg), le RéNaSS et la DREAL a eu lieu". Les échanges menés au cours de cette réunion confirment "qu’à ce stade d’analyse aucune origine du séisme (naturelle ou induite) ne peut être avancée"

Les différents acteurs doivent se réunir une nouvelle fois la semaine prochaine.


  Suspension des forages 

Le Président de l'Eurométropole, Robert Herrmann, a confirmé à nos confrères de France Bleu qu'un arrêt des forages avait été demandé. "Il est logique de prendre les précautions nécessaires (...) et d'attendre les avis des experts".

Afin de faire toute la lumière sur ces événements, la Préfecture indique que le forage sur le site de Fonroche "ne pourra reprendre qu’après analyse de l’évènement par un comité d’expert et accord du préfet". De telles opérations n’étaient pas prévues dans le programme d’activités de Fonroche avant fin 2019.