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MUNICIPALES | L'Alsace reste ancrée au centre-droit, hormis Strasbourg qui passe en Vert

29 juin 2020 à 15h08 Par Pierre Maurer
Une participation en berne, quelques surprises, des attentes : tous les ingrédients d'un second tour haletant se sont retrouvés hier. Retour sur quelques temps forts et leur analyse...

Comme on pouvait s'y attendre, la crise sanitaire n'a pas arrangé les choses en matière de participation. Alors qu'à la mi-mars l'Alsace accusait déjà des chiffres d'abstention record, le second tour du scrutin n'a pas eu d'effet mobilisateur. 36,6% de participation à Strasbourg, 24,5% à Mulhouse, 35,6% à Illkirch... Ces scores témoignent d'un éloignement net des électeurs des bureaux de vote, à l'image de la France entière
L'importance de l'abstention est considérable dans ce scrutin et l'étalement du calendrier électoral sur 3 mois a aussi joué.


La vague verte qui créé la surprise

On l'avait sentie lors du premier tour, on ne pensait pas qu'elle se concrétiserait pour le second... Les calculs d'entre-deux tours ont eu raison des pronostics à Strasbourg ! Jeanne Barseghian et ses colistiers écologistes ont remporté leur pari en récoltant 41,7% des suffrages. Une belle percée pour la candidate de 39 ans qui a fait le plein de voix supplémentaires entre les deux tours.

Aucun sondage n'avait été réalisé avant l'issue du scrutin mais du côté des observateurs, on pensait que l'addition des voix d'Alain Fontanel (LREM) et de celles de Jean-Philippe Vetter (LR), matérialisée par la fusion de leurs listes, allait permettre au premier adjoint sortant de remporter la course. Mais l'arithmétique ne fait pas tout...

Pourtant, en regardant bien les « signaux » émis, on aurait pu remarquer que la victoire nette de Danielle Dambach à Schiltigheim, dès le soir du premier tour, donnait un air de vérité à cette vague verte, portant des électeurs avide d'un changement de cap économico-climatique.

La victoire de la candidate écologiste à Strasbourg témoigne aussi du report des voix qui s'est produit au détriment du binôme Fontanel / Vetter. Certains des électeurs du premier ont peut-être choisi de se tourner vers Catherine Trautmann au second tour, jugeant l'alliance LREM/LR peu « socialocompatible ». D'autres ont préféré Jeanne Barseghian.


L'Alsace reste très majoritairement au centre-droit

Là, ce n'est pas une surprise. L'implantation locale des LR et des centristes est historiquement forte en Alsace, hors Strasbourg qui a souvent voté à contre-courant lors des scrutins municipaux.

Mulhouse confirme cette situation en confortant à sa tête Michèle Lutz (38,61%) qui s'est fait élire pour la première fois en son nom. La droite a également retrouvé des couleurs... et des villes emblématiques, comme Illkirch qui voit un jeune élu de 29 ans s'imposer face au maire sortant PS.

Des surprises il y en a eu... et elles ont même profité aux femmes qui s'étaient présentées à ces élections. A Wissembourg, Sandra Fischer Junck l'emporte haut la main (60,9%) face à Christian Gliech, le maire sortant. A Kaysersberg Vignoble, c'est Martine Schwartz qui a également fini par l'emporter (41,8%) devant Henri Stoll.

Enfin, des maires bien installés ont pu retrouver leur place hier soir... à la faveur d'un second tour toutefois, signe que rien n'est jamais définitivement acquis. C'est le cas de Francis Hillmeyer à Pfastatt (50,25%) ou encore de Francis Kelitz (48,38%) à Guebwiller.