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Eurométropole : la collectivité muscle ses aides pour changer de véhicule à la mise en œuvre de la ZFE

Le 15 octobre prochain, le conseil d'Eurométropole délibérera sur le dispositif cadre de la future Zone à Faibles Émissions. Un budget de 50 millions d’euros doit être voté pour accompagner entreprises et particuliers à changer de véhicule... ou à y renoncer.

4 octobre 2021 à 8h14 - Modifié : 4 octobre 2021 à 10h55 par Pierre Maurer

Vignette Crit Air 3
Un véhicule équipé d'une vignette Crit'Air 3
Crédit: PM/DKL

La mise en place de la future ZFE est loin d'être un long fleuve tranquille dans l'Eurométropole. Après la publication de plusieurs calendriers, la tenue d'un référendum local dans une commune opposée à l'interdiction des véhicules Crit'Air 2, des discussions à rallonge entre élus... Il semblerait que l'on aperçoive le bout du tunnel dans l'Eurométropole.

Lors d'un nouveau point presse, la présidente de l'agglo Pia Imbs et la maire de Strasbourg Jeanne Barseghian ont détaillé le nouveau calendier d'application de la ZFE et les détails associés. Mais ce sont surtout le nouveau volet des aides et subventions destinées aux particuliers et aux entreprises contraints à changer de véhicule(s) qui était particulièrement attendu.

 

Jusqu'à 3000€ de subvention pour les ménages les plus modestes

La collectivité a visiblement entendu l'inquiétude des habitants du territoire lors de la vaste concertation sur le sujet, qui s'est d'ailleurs achevée il y a peu. Des voix s'étaient élevées pour dénoncer le trop faible montant des subventions accordées en cas de changement de véhicule ou de motorisation sur une voiture existante.

L'Eurométropole a donc revu sa copie. Les nouveaux textes prévoient une enveloppe de 50 millions d’euros destinée aux particuliers et aux professionnels pour les accompagner dans la mise en place de la ZFE. Ces aides prendront la forme, d'une part, d'une aide aux mobilités alternatives (voir encadré en bas d'article) à la voiture individuelle, que l’Eurométropole souhaite encourager prioritairement. A côté de cela, des aides à la conversion automobile "complémentaires aux aides de l’Etat" sont également avancées.

 

REPORTAGE | Le détail des aides de la ZFE se précise

POURQUOI UNE ZFE ?

Depuis 2019 et la loi d’orientation des mobilités, les villes qui dépassent régulièrement les normes de qualité de l’air doivent instaurer des zones à faibles émissions mobilité. C'est le cas de Strasbourg et, par extension, de son agglomération ainsi que de 10 autres secteurs géographie métropolitains.

L’objectif du dispositif est de protéger les conditions de santé des résidents des lieux concernés, et diminuer la pollution de l’air provoquée par des véhicules trop polluants.

Dans le périmètre d’une ZFE, seuls les véhicules les moins polluants (en fonction de leur certificat Crit’Air) ont le droit d’y circuler. Ce sont les communes qui fixent les périodes où la circulation est restreinte, les types de véhicules concernés (voitures, poids lourds, etc) ainsi que le niveau Crit’Air minimum pour pouvoir circuler.

La mise en place des ZFE s’accompagne d’autres mesures complémentaires qui visent à réduire la pollution atmosphérique comme, par exemple, des politiques en faveur des mobilités (prime à la conversion, bonus écologique, soutien au déploiement des infrastructures de recharge pour les carburants alternatifs...), des mesures visant au soutien des mobilités actives (plan de déploiement du covoiturage ou le plan vélo) et des actions mises en œuvre par les collectivités locales avec le soutien de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) dans le cadre du nouveau fonds air-mobilité. 

Source : Gouvernement, Club Identicar

 

Pia Imbs : "non, la voiture individuelle n'est pas bannie !"

Au micro de DKL, la présidente de l'Eurométropole a tenu a souligner :

"La voiture reste nécessaire pour toute une série de personnes. Ce n'est pas la voiture qui est bannie ce sont les voitures polluantes qui dégradent la santé des gens. Les émissions de CO2 sont à prendre en compte, les dérèglements climatiques sont une réalité que tout un chacun peut constater au quotidien. (...)
Le plan climat souhaite une métropole avec des mobilités plus décarbonées. Nous ne sommes pas les seuls à le dire, il faut savoir le faire et le réussir ensemble en donnant des aides et de l'accompagnement."

Pia Imbs, présidente de l'Eurométropole