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À Strasbourg, des dizaines d’enfants vivent encore à la rue malgré le droit au logement

À Strasbourg, plusieurs associations alertent sur la situation de familles avec enfants contraintes de vivre sous des tentes depuis des mois. Entre manque de places d’hébergement et responsabilités partagées entre collectivités et État, la situation reste bloquée pour de nombreux mineurs.

Publié : 9h49 par Alicia OUDAMON

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À quelques pas du stade de la Meinau, dans le quartier de Krimmeri à Strasbourg, plusieurs familles vivent dans des conditions extrêmement précaires. Parmi elles, une fratrie de quatre enfants âgés de 6 à 15 ans dort sous une tente depuis près de deux ans avec leurs parents.

Originaire de Serbie, la famille avait déposé une demande d’asile en France après avoir fui des violences et des discriminations dans son pays. Après un passage dans un centre d’accueil à Verdun, les parents ont décidé de revenir à Strasbourg, affirmant que leurs enfants avaient subi des actes de racisme. Depuis, ils survivent dans un campement de fortune installé en bordure de la ville.

Malgré leur scolarisation dans des établissements strasbourgeois, les enfants vivent toujours sans hébergement stable. Les associations locales estiment aujourd’hui qu’entre 50 et 100 mineurs seraient concernés par cette situation dans l’agglomération strasbourgeoise.

Pour les collectifs mobilisés, cette précarité a des conséquences importantes sur la santé, le sommeil, la scolarité et le développement des enfants. Plusieurs bénévoles dénoncent une urgence humanitaire devenue durable et regrettent l’absence de solutions rapides malgré l’existence de logements vacants dans certains secteurs de la ville.

La municipalité de Strasbourg assure étudier différentes possibilités d’hébergement mais explique que les logements disponibles doivent répondre à des critères de sécurité et d’accompagnement social avant de pouvoir accueillir des familles. Un recensement du patrimoine municipal actuellement inutilisé serait en cours afin d’identifier d’éventuels sites mobilisables.

De son côté, la préfecture rappelle que l’hébergement d’urgence relève de la compétence de l’État et met en avant les milliers de places financées dans le Bas-Rhin. Mais les associations dénoncent un système saturé et insuffisant face au nombre croissant de familles sans domicile.

Dans le cas de cette famille, la situation administrative complique également les démarches. Après le rejet de leur demande d’asile, une solution d’hébergement avec perspective de retour vers la Serbie leur aurait été proposée, mais refusée par les parents qui craignent de retourner dans leur pays d’origine.

Depuis plusieurs mois, les mobilisations se multiplient à Strasbourg. Des enseignants, des parents d’élèves et plusieurs collectifs citoyens organisent régulièrement des actions afin d’alerter les pouvoirs publics sur la présence d’enfants dormant encore dehors malgré le droit au logement reconnu aux mineurs en France.

Pour les associations, l’urgence reste entière alors que de nouvelles périodes de fortes chaleurs approchent et que certaines familles vivent toujours sous des installations très fragiles, exposées aux intempéries comme aux températures extrêmes.