NOËL | Comment bien choisir son sapin ?

Il va trôner en bonne place dans votre salon et reflète, en quelque sorte, une partie de vous ! Quel est le type de sapin qui correspond à votre intérieur ? Les conseils d'un professionnel que nous avons rencontré...

4 mai 2021 à 10h24 par Pierre Maurer

DKL DREYECKLAND
Nordmann, épicéa ou Nobilis... le choix est là au moment de choisir son arbre de Noël chez Claude Ri
Crédit: PM/RDL

Claude Riehl est gérant d'une exploitation produisant des sapins à Ergersheim. Il installe ses conifères depuis 38 ans place Kléber en période de fêtes.

Entre le tram et la patinoire aménagée sur les bassins de l'Aubette, la situation est idéale... « C'était un très bon endroit... jusqu'à la mise en place des mesures de sécurité »(qui ont fait suite aux attentats parisiens de novembre 2015, ndlr). Depuis cette période, Claude Riehl estime sa baisse de chiffre à d'affaire à 30% en moyenne

Aujourd'hui, tout un pan de la clientèle est partie. « Les gens ne rentrent plus en ville, ils ont peur de venir dans le centre » déplore-t-il.

REPORTAGE | Comment bien choisir son sapin ? Reportage place Kléber


Quel sapin acheter ?

Le sapin de notre enfance, l'épicéa, est relégué dans une partie à l'écart des autres arbres. Il faut dire que le public boude ce type d’essence, qui se dessèche très vite une fois coupée. L'épicéa reste plébiscité par celles et ceux qui cherchent un arbre odorant mais la chaleur et l'air sec des appartements le font perdre une grande partie de ses aiguilles avant le réveillon !

Depuis deux décennies, la star reste le sapin Nordmann. « C'est très bien », pour Claude Riehl, qui reconnaît que l'arbre représente « le best-seller de ces dernières années ».


Nordmann vs. Nobilis : les chouchous du public s'affrontent !   (photo PM/RDL)


Aujourd'hui, de plus en plus de clients se reportent sur une autre variété bien connue : le Nobilis. « C'est un sapin moins fourni. On peut presque dire que c'est + un sapin d'angle + : il y a toujours un côté qui est moins beau, moins touffu » constate en souriant le vendeur. Ce qu'apprécient aussi les clients ? « Sa couleur verte qui tire sur le bleuté »Idéal pour les appartements ! Comme l'épicéa, il restitue un parfum fort de forêt.

Parmi les variétés de plus en plus cotées, on découvre le Lazio Carpa, « également un sapin qui a une odeur très prononcée et qui tient bien » selon Claude Riehl. Les clients apprécient également sa forme très régulière.


De l'eau et rien d'autre !

Règle de base une fois le sapin acheté et débarrassé de son filet : lui mettre le pied dans l'eau. Cela lui permet de rester frais et de tenir « au moins deux semaines de plus ! » selon Claude Riehl.
Toutefois, il faut que « l'écorce soit bien dans l'eau car la sève circule entre le bois et l'écorce ».

Des pieds spéciaux avec réservoir permettent de fournir au sapin ce qu'il faut. Comptez 20 à 25€ en plus du prix du sapin.


Quel budget ?

« Mes clients dépensent en moyenne 20 à 25€ pour un arbre » affirme Claude Riehl. Certaines personnes sont toujours à la recherche de grands arbres. Celles ci « peuvent mettre jsuquà 80 ou 100 € ».

Le fait d'être en plein centre-ville confère à l'emplacement du commerçant un engagement moral en quelque sorte. « Ici il faut avoir de très beaux sapins sinon le public ne s'arrête pas ». C'est ce qui fait le gage de sa longévité selon Claude Riehl qui avoue être « un vrai passionné ».

« Si vous avez de la qualité vous vendez, sinon ça n'est même pas la peine d'espérer rester ! » conclut Claude Riehl en souriant.


La nécessité de l'adaptation climatique

Depuis 20 ans, ce vendeur travaille en collaboration avec un producteur au Danemark. Il va là-bas chaque année choisir les plus beaux spécimens pour les ramener en Alsace et les proposer à ses clients en fin d'année.

Claude Riehl reconnaît qu'il est plus en plus dur de développer les plantations en Alsace. Seuls 10% des sapins « sont très beaux » mais les autres sont moins conformes aux standards attendus par les clients.

Ce qui manque en Alsace aujourd'hui pour faire de bonne production de sapins ? « De la pluie ! » reconnaît-il directement. « C'est un problème que le Danemark ne connaît pas pour l'instant ! »

En Alsace, les producteurs sont inquiets car les plantations de l'année donnent des pourcentages de perte très forts : plus de 90% en raison de la sécheresse. Le gel au printemps n'aide pas et risque de faire tomber les bourgeons.