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LIBAN | « Ce que j'ai vu est terrifiant » : le témoignage depuis le Liban de Myrna Jacquin, adjointe au maire de Kingersheim

19 août 2020 à 11h29 Par PM et PK
Une des rues de Beyrouth, dévastée après l'explosion du 4 août
Crédit photo : profil Facebook Myrna Boulos Jacquin

Née au pays du Cèdre, la kingersheimoise d'adoption Myrna Jacquin retourne plusieurs fois par an dans son pays natal. Elle s'y trouve depuis le début du mois et témoigne de ce qui se passe depuis la catastrophe du 4 août.

« Je me suis assise au chevet de ma ville et j'ai pleuré de voir ce qui s'était passé » avoue Myrna lors de son entretien réalisé il y a quelques jours via WhatsApp. Depuis l'explosion dans le port de Beyrouth, les communications téléphoniques demeurent compliquées. Le réseau mobile, lui, est plus fiable.

Myrna Jacquin n'était pas à Beyrouth le jour du drame, elle n'a pu que constater avec stupéfaction ce qui s'était passé en rentrant dans la ville quelques heures après l'explosion. Ses proches vont bien mais certains d'entre eux ont vu leur logement détruit par la déflagration.

Depuis le 4 août, celle qui en Alsace est adjointe au maire de Kingersheim multiplie les tâches : aide alimentaire, nettoyage, soutien aux victimes... « J'ai acheté à manger puis j'ai distribué cela à des gens, j'ai donné des fourchettes et des couteaux que nous avions en trop » avoue Myrna, qui précise également avoir « aidé les musées en achetant du carton... Mais après ? Que vont devenir les gens ? »

Une situation qui ravive une grande colère.

« Aujourd'hui, il faut arrêter de se dire +heureusement, je suis vivant, je n'ai pas grand chose+ il faut de la colère pour sortir de ce système qui est pourri jusqu'à la moelle ! » dénonce l'élue alsacienne. « Il faut donner de l'espoir et la paix à ces Libanais qui sont à genoux depuis presque 50 ans »

Cela fait deux semaines que le drame s'est produit mais peu de choses ont changé, confesse Myrna Jacquin. « Depuis 2 semaines, on dort littéralement avec la boule au ventre. On ne sait pas s'il va y avoir de nouveau une guerre civile. »

« On ne sait pas de quoi demain sera fait ni même si les gens vont avoir à boire et à manger !  Il faut savoir qu'aujourd'hui, le gouvernement dans son ensemble (…) n'a pas montré d'empathie envers le peuple Libanais. Personne n'a adressé ses condoléances à ces victimes. Il ne faut surtout pas parler de martyrs car c'est un crime qui vient de se produire !
Myrna Jacquin

Myrna lance un véritable appel à l'aide car « on ne sait pas où on va aujourd'hui. Il y a plein de choses qui se passent au niveau politique. On craint que cela recommence ou si les gens vont oublier. L'état de Beyrouth est vraiment catastrophique. »

Comment apporter son aide ?

Association franco-libanaise Terre des Cèdres
5a avenue Joffre
68000 Colmar

Secours populaire français
5 rue Jean-Henri-Lambert
67100 Strasbourg (précisez «Liban »)

Croix Rouge Française
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