Loi Duplomb : le possible retour des néonicotinoïdes dans l'agriculture française divise à nouveau en Alsace

Publié : 14h07

Le possible retour des néonicotinoïdes dans l'agriculture française divise à nouveau en Alsace
Crédit : ©Henrique Campos/Hans Lucas

Le débat sur la loi Duplomb se tient cette semaine à l’Assemblée nationale. Présentée comme un texte pour simplifier la vie des agriculteurs, cette loi cristallise en Alsace. En cause : la possible réintroduction de pesticides jugés dangereux pour la santé et la biodiversité.

Adoptée partiellement le 8 juillet dernier, la loi Duplomb avait pour ambition de réduire les contraintes pesant sur les agriculteurs. Mais le texte avait déclenché une vive mobilisation citoyenne, accusé de mettre en danger la santé publique et la biodiversité.

L’été dernier, une première pétition contre la loi avait recueilli plus de 2 millions de signatures. Certaines dispositions avaient alors été retoquées par le Conseil constitutionnel.

Mais le sénateur Laurent Duplomb persiste. Début février, il a déposé une nouvelle proposition de loi qui réintègre précisément les mesures censurées par le Conseil constitutionnel, pour des raisons de forme et non de fond.

Notamment celles concernant les néonicotinoïdes, utilisés dans la filière de la betterave sucrière.

Une seconde pétition a donc vu le jour, dénonçant ce retour en arrière.

Deux pesticides sont dans le viseur : Acétamipride et flupyradifurone ; ce sont les deux pesticides que la nouvelle loi Duplomb pourrait réautoriser. Une perspective qui inquiète fortement les associations environnementales.

Martine Marchal-Minazzi est signataire des deux pétitions et membre de l'association Alsace Nature : "Ces pesticides tuent les abeilles, sans qui l'agriculture ne peut pas exister. En plus de ça, elles ont des impacts sur la santé humaine. On a retrouvé des traces de ces pesticides dans le cerveau des enfants, et même dans les fœtus."

Selon elle, des solutions alternatives existent pour les agriculteurs, sans mettre en péril la biodiversité. Elle déplore que ces solutions ne soient pas davantage diffusées auprès des agriculteurs.

Du côté du monde agricole, la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles du Bas-Rhin soutient la nouvelle loi Duplomb.

Laurent Fischer est agriculteur et secrétaire général de la FDSEA du Bas-Rhin : "Aujourd'hui, nous sommes le seul pays de l'Union européenne à avoir interdit ces pesticides. Il y a donc une distorsion de concurrence, les betteraviers notamment sont en souffrance. Plusieurs ont fait faillite depuis l'interdiction de ces pesticides en 2016".

La pétition contre la nouvelle loi Duplomb a déjà recueilli plus de 70 000 signatures, un chiffre en constante augmentation.