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Faux certificats de vaccination : Le Groupe Hospitalier Saint Vincent dépose plainte

Le groupe hospitalier Saint-Vincent a récemment porté plainte pour usage de faux. De faux certificats de vaccination portant l’entête de l’hôpital seraient en circulation, comme l’a révélé France 2.

8 juillet 2021 à 16h53 - Modifié : 15 juillet 2021 à 10h36 par Grégoire Levy

Vaccination - Clinique Sainte Barbe
Le centre de vaccination Ste Barbe du groupe hospitalier Saint-Vincent
Crédit: PM/DKL

Il s'agit d'un phénomène dangereux et de plus en plus courant en France. Il interroge sur la responsabilité des hôpitaux. Frédéric Leyret, directeur du groupe hospitalier Saint-Vincent, nous a accordé une interview.

DKL - Comment vous êtes-vous rendus compte que de faux certificats portant la marque de votre établissement étaient en circulation ?
Frédéric Leyret. Une de vos consœurs de France 2 m’a appelé pour une interview sur ce phénomène qui est national. Et elle m’a présenté un document qui émanait de nos services. Il y a des faux certificats et des fausses vaccinations. Il se trouve qu’elle (N.D.L.R : la journaliste de France 2) s’est fait passer pour quelqu’un qui avait besoin d’un faux certificat et elle a trouvé un faussaire. Et ce faussaire lui a fourni un faux certificat avec notre entête. Donc elle m’a appelé pour savoir ce qu’il en était de ces faux certificats, et notamment pour l’expertiser.

DKL - Quels sont les suites de ce dossier, les prochaines étapes ?
Frédéric Leyret. Les enquêtes de police se poursuivent sans nous. Dès que j’ai su ce qu’il en ressortait, évidemment on a fait notre enquête interne. On a essayé de savoir d’où ça venait. Bon, ça ne peut pas venir de l’interne parce que c’est vraiment trop différent de ce qu’on avait. On s’est concerté avec la préfecture et la chambre régionale de santé et on a décidé de porter plainte, de façon à entraver ce processus de falsification. Après c’est tout ce qu’on peut faire.

DKL - Comment de faux certificats du groupe hospitalier Saint-Vincent ont-ils pu être reproduits ?
Frédéric Leyret. Le faux certificat c’est sur la base d’un vrai qu’on délivre après vaccination, et qui a été grossièrement falsifié avec du Photoshop. C’est vraiment très grossier.

DKL - Allez-vous faire quelque chose pour lutter contre ce phénomène ?
Frédéric Leyret. On l’a déjà fait, c’est ça qui a intéressé les services de police. C’est-à-dire que même s’il est grossièrement falsifié il peut faire illusion sur quelqu’un qui ne connait pas nos pratiques. En revanche, il semblerait qu’on soit les seuls en France à avoir pensé à faire des certificats sur du papier filigrané. Donc là c’est assez simple, s’il n’y a pas de filigrane, c’est un faux. La falsification de documents c’est un risque auquel on est tous soumis, y compris les services médicaux, on est très mal protégé. Sur nos certificats de vaccination, on a pas eu de conseils de la police de faire plus que ça. On craignait que ce ne soit un détournement de QR code, que ce soit quelqu’un de notre équipe, comme c’est arrivé dans quelques établissement en France. Mais là on a déjà une procédure en interne de double contrôle qui interdit ce genre de pratique.

DKL - Quelles sont les conséquences de la propagation de ces faux certificats ?
Frédéric Leyret. Tout d’abord, pour usage de faux, c’est 45 000 euros d’amende. Les risques sanitaires, c’est de se retrouver dans un endroit moins protégé et où à coup sûr ils vont se faire contaminer, notamment par le variant delta. Et eux-mêmes pourront contaminer d’autres personnes donc il y a un côté mise en danger de soi et d’autrui.

Le reportage de France 2

Reportage diffusé dans la séquence "L'oeil du 20h" du 6 juillet dernier