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Anne, marraine de "la Haguenauvienne" : "le cancer du sein est moins tabou aujourd'hui qu'il y a vingt ou trente ans !"

Les organisateurs de la course de lutte contre le cancer du sein, qui se courra vendredi 24 septembre en soirée à Haguenau, ont choisi cette dynamique quadragénaire comme marraine cette année. Elle nous explique pourquoi elle a accepté le challenge !

20 septembre 2021 à 18h58 par Pierre Maurer

Anne Schmitt marraine la Haguenauvienne ok
Anne Schmitt, marraine 2021 de la Haguenauvienne
Crédit: DR

En fin de semaine, Anne Schmitt sera aux côtés des centaines de participantes à la Haguenauvienne. Son état de santé actuel ne lui permettra pas de courir, mais marcher, cela sera dans ses cordes... Après avoir combattu avec succès un cancer du sein voilà quelques années, le destin a voulu qu'Anne soit à nouveau confrontée à la maladie.

Depuis le printemps, elle livre une bataille sans merci à ce nouveau cancer mais ne ménage pas ses effort, ni pour tenir les rênes de sa boutique "Les femmes en rose", ni pour afficher son engagement dans octobre rose.

Pour DKL, elle a accepté de répondre à quelques questions

 

DKL | Parlez-nous de votre projet "Les femmes en rose", cette boutique qui a pignon sur rue à Haguenau depuis quelques années maintenant...

 Anne Schmitt  J'ai créé cette boutique en 2019. Je suis la gérante de cette entreprise qui est un lieu d'accueil destinée aux femmes qui ont eu un cancer. Je les accompagne dans leur parcours en leur proposant toute ce qui est prothèses capillaires, produits cosmétique mais, avant tout, de l'écoute. Cet accompagnement se fait aussi bien avant, pendant que après les traitements. C'est généralement une période très difficile à accepter.

J'organise également différents ateliers avec des associations et des intervenantes. Mais ces dernières peuvent aussi faire des ateliers au sein de ma boutique.


PORTRAIT | Anne Schmitt, marraine de la Haguenauvienne, se confie au micro de DKL

DKL | Et ce projet s'est monté comment ?

 Anne Schmitt  J'ai eu un cancer du sein en 2016 et je me suis rendu compte que localement il manquait pas mal de choses pour les personnes atteintes de cancer, même si certaines associations existent, bien sûr. Elles proposent des ateliers par exemple. Mais l'idée de création de la boutique m'est venue car le cadre que je trouvais ailleurs ne me plaisait pas. Cette boutique, j'en ai fait un lieu très "cocooning", avec beaucoup de rose ! (rires) Ça fait pleinement partie du thème !

J'ai lutté contre ce cancer en 2016 et ça a été un long parcours jusqu'en 2019. J'avais vraiment, après ça, envie d'apporter du bien-être, de venir en aide à toutes ces femmes qui parfois, se retrouvent seules et sans accompagnement. Un vrai besoin d'aider les femmes.

Cela n'existait pas à Haguenau,  hormis des structures associatives qui œuvrent en milieu hospitalier souvent. Alors j'ai décidé de faire ça à Haguenau car je suis originaire de cette ville. Mais aussi parce que cela me permet d'aider et de soutenir toutes les femmes d'Alsace du nord, sans qu'elles aient besoin d'aller jusqu'à Strasbourg, comme cela a été mon cas. J'en ai parlé à mon mari et cela a créé une sorte de besoin !

Ce projet m'apporte beaucoup et me donne envie de me battre plus encore chaque jour, pour apporter du bonheur aux autres (...) et j'espère que cette aventure humaire sera éternelle !

 

DKL | Cette année, on vous a proposé de devenir marraine de la course. Qu'est-ce-que cela vous procure ?

 Anne Schmitt  Ce sont des commerçants qui ont parlé aux organisateurs de mon histoire et de mon parcours. C'est ainsi que cela s'est fait. Souvent, on est très soudées dans ces causes là ! A leurs yeux, je pense être la bonne personne qui représente la Haguenauvienne. Il est vrai qu'en plus, depuis le mois de mai, je me bat contre cet autre cancer. Les organisateurs ont pensé que j'étais la personne de la région qui pouvait être cette marraine. Je les remercie car c'est un magnifique cadeau et je suis fière de représenter la course !

Je serai présente pour le lancement de la course et je ferai la marche (...) Les médecins m'ont permis de faire cette marche mais pas la course. Ce sera un moment privilégié pour soutenir et discuter avec toutes ces femmes !

 

DKL | Les courses de lutte contre le cancer du sein, on en trouve de plus en plus en Alsace. Qu'est-ce-que cela vous inspire ?

 Anne Schmitt  Je vois qu'il y a un mouvement de solidarité. Il est certainement renforcé cette année par la sortie de la crise sanitaire. Beaucoup de femmes mes disaient aussi, en venant à la boutique, qu'elles n'arrivaient pas à être soutenues correctement (durant la crise sanitaire, ndlr). Toutes ces courses, se sont autant de récompenses que les gens veulent nous offrir, cette solidarité à travers les courses. On se retrouve seule pendant notre chimio, c'est difficile. Alors c'est une manière de soutenir, je le vois ainsi !

Chaque année, je sens qu'il y a un soutien de plus en plus fort. Je pense que le cancer est beaucoup moins tabou aujourd'hui, par rapport à il y a vingt ou trente ans en arrière. Aujourd'hui, les chaînes de solidarité sont énormes.

Moi qui suis passée par là, je sais qu'on a un moment où on se referme sur soi, où l'on se sent exclu de la vie quotidienne. Cette course amène quelquechose de motivant. On voit que même les gens qui ne sont pas malades y participent. Cela procure beaucoup de courage !

 

DKL | Et l'avenir, Anne, comment le voyez-vous ?

 Anne Schmitt  J'ai plein d'idées ! (rires) Mon plus grand projet, que je ne peux pas totalement dévoiler, a été perturbé par la crise sanitaire... Mais je vais continuer à le concrétiser : j'aimerais construire une maison rose à Haguenau. Une grande maison avec plein de pièces, dédiée toute entière aux femmes malades. Je sais qu'il va prendre du temps, ce projet !

Je suis toutefois déjà contente de ce que j'ai réussi à accomplir aujourd'hui. Il faut aussi que ma santé, comme elle est à nouveau touchée, aille de mieux en mieux ! Avec cette rechute, je me suis rendu compte que plusieurs femmes m'ont donné envie de me battre, de m'accorcher pour celles qui vont pousser ma porte ! Et bien sûr je n'oublie pas ma famille !!