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EUROMETROPOLE | Les véhicules les plus polluants bannis dès 2028 avec l'entrée en vigueur de la ZFE

29 avril 2021 à 13h18 Par Pierre Maurer
Un panneau autorisant les véhicules équipés de vignette à circuler lors d'un épisode de pollution
Crédit photo : PM/DKL

Afin de rendre concret le projet de ZFE (Zone à Faible Émissions), les élus de l'Eurométropole ont choisi d'adapter le calendrier qui encadre la fin de circulation des véhicules au diesel et les plus polluants. A compter de 2023, des étapes viendront progressivement empêcher les véhicules anciens de circuler dans les 33 communes de la métropole. Une concertation va d'ailleurs être lancée d'ici quelques jours.

Strasbourg et son agglomération suffoquent. Ce n'est pas une nouveauté : la situation géographique du bassin rhénan, coincé entre deux chaînes montagneuses (Vosges à l'ouest et Forêt Noire à l'est), ne permet pas aux vents de souffler avec suffisamment de force.

Cette carence provoque la stagnation des masses d'air... et de tout ce qu'elles contiennent, avec en premier lieux les incontournables polluants. « Chaque année, dans l'Eurométropole, on estime que 500 personnes décèdent de manière prématurée en raison de la mauvaise qualité de l'air » s'alarme Françoise Schaettzel, vice-présidente de l'Eurométropole en charge notamment de la qualité de l'air. Pire encore : « avec la Covid, de récentes études ont démontré que dans les zones où l'air est déjà pollué, cette mortalité s'élève encore de 15% ! » s'alarme-t-elle.

Réduire la pollution passe par changer le parc automobile

L'instauration de cette ZFE n'est pas qu'une mesure volontariste portée par la précédente municipalité et poursuivie par l'actuelle. Ce dispositif est une obligation légale car la métropole strasbourgeoise dépasse régulièrement les seuils supérieurs en matière de pollution de l’air. 10 autres métropoles hexagonales sont concernées par cette nouveauté qui vise à restreindre l'usage des véhicules les plus polluants pour réduire de fait les émissions de micro-particules dangereuses pour la santé.

D'ici 2028, environ 170.000 véhicules vont devoir progressivement être remplacés car considérés comme trop vieux et/ou trop polluants. C'est la vignette Crit'Air, un outil national qui répertorie le niveau de pollution du véhicule, qui est utilisé pour savoir qui peut rouler ou pas.

Les habitants de l'Eurométropole ont déjà pu tester ce dispositif car lors des pics de pollution, certains véhicules seulement peuvent circuler. C'est cette même vignette qui est également utilisée pour restreindre certains types de véhicules de livraison dans le centre-ville de Strasbourg.

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Si votre véhicule n'est pas encore équipé de cette vignette, vous pouvez en faire la demande auprès du site dédié. La vignette coûte 3,67€ par véhicule.

Un calendrier revu à l'échelle des 33 communes

Avec le changement de municipalité, le calendrier encadrant le déploiement de la ZFE et les restrictions afférentes a évolué. Ainsi, la date d’instauration de la ZFE, avec l’interdiction de circulation pour les véhicules sans Crit’Air ou équipés d'un macaron Crit’Air 5 reste fixée au 1er janvier 2022. C'est ensuite que les étapes changent.

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Des dérogations sont toutefois prévues pour certaines catégories de véhicules (pompiers, forces de l'ordre, secours...) ou de population (conducteurs disposant d'une carte de stationnement pour PMR).

Ce calendrier n'est pas encore définitif. Pour l'être, il devra être voté par les conseillers eurométropolitains le 12 juillet. La nouvelle mouture du planning « est plus cohérente, lisible et efficace » selon Jeanne Barseghian, maire de Strasbourg.

En amont de ce vote, une large concertation citoyenne sera lancée dans l'ensemble des communes de l'agglomération. Elle débutera le 10 mai pour s'achever le 24 juin et comportera plusieurs aspects : rencontres en distanciel et présentiel, mise en place d'un numéro vert (0800.100.267), d'un site et d'une adresse mail dédiés à la ZFE

Ne laisser personne « au bord de la route »

L'autre volet de ce projet, c'est d'accompagner les possesseurs de véhicules polluants à penser à « l'après-ZFE ». De nombreux habitants vont en effet devoir changer de voiture s'ils veulent pouvoir continuer à se déplacer dans l'Eurométropole au fil des ans, lorsque les restrictions se feront de plus en plus importantes à l'égard des véhicules les plus anciens. « Nous n'allons laisser personne au bord de la route ! » lance pour sa part Pia Imbs, présidente de l'Eurométropole.

Pour cela, des lignes budgétaires vont être dégagées afin d'aider « les ménages les plus modestes à financer l'achat d'un véhicule propre ». L'Eurométropole pourrait verser jusqu'à 1000€ pour les ménages aux revenus les plus faibles. Une somme qui paraît bien maigre lorsque l'on observe le prix d'un véhicule neuf. « Il ne faut pas sous-estimer les aides conséquentes qu'apporter déjà l'Etat lors de l'achat d'une voiture neuve » tempère Pia Imbs, qui mise, elle, sur le recours aux mobilités douces.

Renforcement de l'offre Vel'hop, de celle des voitures partagées Citiz, extension du transport à la demande CTS Flex'hop dès cette année, gratuité du réseau CTS pour les moins de 18 ans... Pour les élus, le recours à une nouvelle voiture pour remplacer un véhicule polluant « n'est pas toujours nécessaire » mais au quotidien, dépendre uniquement du bus, du tram ou d'un véhicule partagé n'est pas toujours une solution idéale lorsqu'on habite en limite d'agglomération ou dans un secteur moins bien desservi par les transports.