Mobilisation des pompiers à Strasbourg : 3 questions à Cédric Hatzenberger, délégué FO des pompiers bas-rhinois

« Nos véhicules ne sont pas des salles d'attente » : c'est ce qu'indiquait la banderole déployée devant les urgences du NHC. Les pompiers dénoncent les lenteurs dans la prise en charge des patients que les ambulances du 18 déposent aux urgences

31 janvier 2022

manif pompiers Strasbourg entrée urgences NHC
A l'entrée des urgences du NHC, ce 28 janvier 2022
Crédit: PM/DKL

Pour quelle raisons êtes vous présents ce vendredi devant le NHC ?

"Le problème est déjà d'ordre éthique : quand on arrive aux urgences du NHC, on doit expliquer aux gens qu'on est partis sur une attente de 2 ou 3 heures, parfois plus !

De manière opérationnelle aussi, le problème c'est que nos ambulances ne sont plus disponibles pour la plate-forme de régulation du 18. Cette dernière nécessite d'avoir de disponible un certain nombre d'ambulances. On est déjà arrivés au blocage d'une dizaine de nos véhicules ici, aux urgences. Ce sont des ambulances dans lesquelles les victimes sont encore prises en charge, mais pas encore par les urgences.

Cela peut arriver à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit, c'est un fait presque quotidien et c'est insupportable pour les pompiers !"

 

Quels risques cela représente pour les personnes prises en charge ?

"Les victimes sont mal en point, dans un état psychologique difficile... Il faut donc patienter et leur expliquer, faire preuve de psychologie. C'est un exercice difficile pour les pompiers ! On a déjà eu des victimes qui, par exaxspération, ont quitté notre véhicule avant d'avoir été examinées par le médecin des urgences. C'est un vrai problème !"

 

INTERVIEW | Cédric Hatzenberger, représentant FO pompiers du Bas-Rhin

Qu'attendez-vous de ce mouvement de protestation et quelles sont vos revendications ?

"On veut une solution radicale ! Nous, les pompiers, dans ce vaste chantier qu'est la réorganisation de l'hôpital, on devient des dommages collatéraux. On fait notre boulot, on essaye d'être les plus rapides, les plus efficaces possibles... Et une fois arrivés dans le sas des urgences, tout s'arrête ! Ce que l'on veut, c'est une solution radicale : une prise en charge rapide, dans la demi-heure qui suit notre arrivée.

(...) Il faut plus de lits, plus de personnel. Aujourd'hui, l'hôpital est malade et ce mal gangrène également les sapeurs-pompiers. Il faut que le directeur des HUS demande à la Préfecture et à l'ARS plus de moyens pour d'autres lits.

(...) Il y a un vrai sous-dimensionnement des urgences pour une ville comme Strasbourg."

 

Propos recueillis par P.M.